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L’arbre est vie, force et douceur vivantes
par Martine Merlin-Dhaine
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| « Les tableaux de Véronique Sternbaum, mi-peints, mi-sculptés, nous plongent au cœur de la nature et de cultures très différentes. Qu’ils parlent de l’Afrique, de la France, des îles du Cap-Vert ou du Fantastique, les tableaux vous immergent dans l’intimité des mondes qu’ils dépeignent. Ils attachent le cœur et le regard par la vivacité des couleurs, la candeur des expressions, la minutie des détails et l’originalité de la technique en relief. La force de cette impression est justifiée par la profondeur et la sincérité de la démarche de l’artiste. L’ensemble de l’œuvre respire la gaieté et on sent l’Amour que l’artiste porte aux éléments et aux créatures vivantes. » Despina Chronopoulos Un geste qui tisse des liens. Qu’on le dise naïf ou singulier, le travail de Véronique Sternbaum est d’abord un geste qui tisse des liens. Le travail de la résine d’arbres lui vient de l’artiste gabonais Ilélat, disparu 3 ans avant qu’elle ne découvre son œuvre pour la première fois : « Très peu de temps après mon arrivée au Gabon, en 1989, j’ai découvert « par hasard » un tableau de l’artiste autodidacte A. Ilelat. Je suis tombée en arrêt devant le tableau. J’ai eu l’impression en quelques fractions de secondes d’entrer et de ressortir de la peinture. » Ilelat, qui vivait dans la brousse, n’avait transmis à personne les secrets de son art. La jeune femme de 22 ans a cherché pendant un an, retrouvé les pistes, les arbres, la technique de récolte de la résine. Elle a fait le lent apprentissage pour apprivoiser le matériau et réaliser sa mise en forme. Les longues marches en forêt, les mains qui recueillent, les doigts qui malaxent, modèlent, donnent vie à tout un monde…L’humilité de sa démarche suggère un artisanat ancien en relation étroite avec « le maître africain » disparu et son inspiration nous parle d’une création originale, en lien sensible avec la nature, trait d’union entre les cultures, entre un vieil homme noir et une jeune femme blanche, leurs gestes et leur esprit mêlés, vivants. Depuis son retour en France, en 1996, elle s’attache à refaire le chemin dans les forêts du Jura pour trouver des résines, poursuivre son travail et son œuvre. Une inspiration éveillée. Qu’on le dise singulier ou naïf, le travail de Véronique Sternbaum est nourri d’une inspiration éveillée qui crée du sens. Entre « sacré » et signes du destin, l’artiste estime déterminante la relation entre son nom sternbaum (étoile/arbre) et sa recherche artistique ; elle y voit la symbolique de l’arbre, racines profondément enfoncées dans la terre, tronc puissant « aspirateur » de sève vitale et frondaison haute sur le ciel, à toucher les étoiles… Dans sa quête, sur les pas d’Ilelat, les signes étaient présents : « je partais en forêt pour récolter les résines… Je sentais comme une présence qui me guidait et me protégeait. » De cette expérience sensible, elle garde aujourd’hui encore, dans les forêts jurassiennes, un rapport intime avec chaque arbre, le respect des signes qui la guident, une capacité à écouter la voix des arbres : « Je ressens très fort le besoin d’exprimer mon amour pour la Vie et la Nature ; ces œuvres sont pour moi une façon de Les honorer et Leur rendre hommage. » On ne parle pas ici de croyance magique, mais de « respect ». « Quand je malaxe la résine, je sais au fond de moi que je touche au sacré. » Les sens du toucher et de la vue sont la voie qui permet d’atteindre la lumière de la clairvoyance, parce que, entrer dans son atelier suffit à nous en persuader, Véronique Sternbaum crée comme certains prient ou méditent. Un regard tendre et sincère, comme un hymne à la vie. Qu’on le dise contemporain, singulier ou naïf, le travail de Véronique Sternbaum est un hymne intemporel à la vie. Que ce soit par la résine « qui reste vivante et à jamais figée pour l’éternité, ou presque !.. » alors même qu’elle est transformée et peinte… ou par l’universalité qu’elle assemble : « pour un tableau, il me faut parfois la résine de dix arbres et une multitude de petits éléments : herbes, coquillages, graines, feuilles, écorces… récoltés lors de mes voyages au Cap-Vert, au Sénégal, à Mayotte, en Colombie, au Brésil, en Irlande, en Israël, au Congo et en France. Une manière pour moi d’unir tous les pays du monde». Un hymne à la puissance de vie de la nature : « Chaque graine, chaque herbe a son importance, unique, sur terre et dans la nature. Quand je fixe un de ces éléments fragiles et éphémères dans un tableau, c’est à la fois le reconnaître et le remercier d’exister. » Un hymne à la vie surtout dans les scènes quotidiennes qui l’inspirent ; la vie racontée jusqu’au moindre détail, comme on tente de préserver un instant, un visage rencontré, un sourire échangé. La tendresse et l’attention du regard qu’elle porte se traduit par la douceur, la vivacité et la précision des scènes figurées dans ses tableaux. Une simplicité qui dit tellement bien l’humain. « L’espace est là aussi pour les animaux, les plantes, nous comprenons alors que chaque brin d’herbe est à sa place, chaque fleur aussi, avec sa mélodie. Nous approchons en toute simplicité les créatures célestes, rêves et Sages parmi des éclats d’étoiles… Il n’y a pas plus arc-en-ciel que le travail de Véronique, où elle réunit les chants du monde, ceci pour nous redire encore et encore la merveilleuse célébration de la Vie. » Michel Walzer Comment ne pas être touché par tant de sincérité, tant d’amour et tant de bonheur de vivre ? L’œuvre de Véronique Sternbaum réveille ce qu’il y a de meilleur en nous, l’émerveillement de l’enfance, le rêve d’un paradis terrestre ou simplement l’envie d’un monde meilleur. Martine Merlin-Dhaine |
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