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par Jean-Claude Caire
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| « … Maintenant, on quitte l’environnement marseillais pour plonger en pleine Afrique, au Gabon. Là, dans un style naïf, mais avec une technique des plus raffinées, Véronique Sternbaum nous initie à la vie locale. Pour celui qui découvre cette œuvre, aucun doute il ne peut y avoir qu’un natif du pays pour réaliser de tels tableaux. En effet, rendre aussi bien le pittoresque des scènes, la sincérité des attitudes ou des notations bien précises sur des faits culturels, demande un enracinement ancestral dans un pays. Et pourtant ce sont les œuvres d’une artiste blanche. On remarquera qu’elle évolue doublement dans le monde de la singularité, d’une part à cause de son travail proche de l’expression naïve et ensuite parce que c’est une européenne qui s’exprime selon un savoir-faire africain. La vie artistique reste source de surprises. Chacun de ses tableaux, aux couleurs laquées fait découvrir au spectateur des scènes finement traitées aux allures de miniature. Dans « le Bar Sous le Manguier », on note le réalisme du toit fait de couvert végétal et les murs en tôle récupérée de l’estaminet, les caisses de bière entassées à l’extérieur, les affiches publicitaires, le manguier ébranché à l’ombre raréfiée abritant un trio de gabonais nonchalamment attablés devant leur consommation. On observe aussi la serveuse à la toilette outrageusement occidentalisée et de nombreuses notions, comme le chat, le chien, la poule, le volatile dans l’arbre et les fleurs et les plantes qui n ‘attendent qu’un signal pour envahir l’ensemble de la composition. Une autre composition décrit la vie au bord du fleuve. Une femme qui se lave et l’autre qui astique son enfant. Les scènes de brousse se succèdent. C’est la vie sous la case familiale, une femme s’active avec son pilon, alors qu’au fond on distingue la vaisselle et les calebasses entreposées. Un peu plus loin une mère coiffe sa petite fille pendant qu’un homme se prélasse un coq à ses pieds et un oiseau perdu dans le feuillage de l’arbre qui dispense une ombre sommeilleuse. C’est une camionnette, pour une fois pas trop surchargée de bagages et d’individus qui s’enfonce dans la moiteur de la forêt. Après avoir vu toute la série de tableaux de cette artiste, on a envie de dire « plus africaine que moi, tu meurs ». Comment après cela, parler de particularisme ethnique, si tout le monde franchit les frontières de l’expression dans un sens comme dans l’autre. Mais la singularité se traduit aussi de la sorte : le démantèlement brutal des barrières culturelles. Dans le catalogue, on trouve cette note à son sujet « Des peintures en relief aux couleurs vives incrustées de coquillages, de raphia, de feuilles. La technique de Véronique Sternbaum est unique. La jeune femme utilise une composition de résines d’arbres pour faire des personnages qui sortent du cadre. Elle les peint ensuite à l’huile. Le résultat : des œuvres naïves aux couleurs gaies, où la nature luxuriante évoque les œuvres du Douanier-Rousseau ». C’est Hélène Martin, l’éternelle jeune fille, une des muses de la singularité provençale qui dans ses multiples pérégrinations, rencontra au Gabon Véronique Sternbaum, artiste autodidacte. Comme elle oeuvrait loin de toutes références, Hélène Martin lui dit « Mais vous faites partie de la famille des Singuliers ! ». Jean-Claude Caire |
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